Dans le monde des affaires, on parle souvent de rémunération optimale. Mais que signifie réellement ce terme pour un administrateur de société de conseil ? Est-ce simplement une question de percevoir le plus d’argent possible ? Pas tout à fait.
La rémunération optimale est avant tout une stratégie d’équilibre. Elle vise à maximiser les revenus personnels tout en minimisant la pression fiscale et sociale, dans le respect des règles légales. Voyons cela de plus près.
Rémunération optimale : une définition simple
Dans le cadre d’une société de conseil, la rémunération optimale correspond à la meilleure combinaison possible entre plusieurs sources de revenus, telles que :
- Le salaire (soumis aux cotisations sociales et à l'impôt),
- Les avantages en nature (voiture, téléphone, loyer, etc.),
- Les dividendes (soumis au précompte mobilier),
- Les notes de frais (déductibles si justifiées et professionnelles),
- D’éventuelles rémunérations alternatives (droits d’auteur, IP box, revenus de gestion d’actifs, etc.).
L'objectif est de structurer intelligemment la rétribution de l’administrateur pour :
- Réduire la charge fiscale et sociale globale,
- Préserver les droits sociaux (pension, mutuelle, chômage, etc.),
- Renforcer la stabilité financière de la société,
- Planifier l’avenir (investissements, succession, prévoyance).
Pourquoi c’est crucial pour les sociétés de conseil ?
Les sociétés de conseil — souvent en SRL — ont une structure souple, mais des marges de manœuvre limitées : peu d’investissements matériels, mais un chiffre d’affaires directement lié au travail des associés. Cela signifie que chaque euro compte.
Optimiser la rémunération permet donc :
- D’améliorer la trésorerie de la société,
- D’éviter les prélèvements inutiles (INASTI, impôts,),
- De préparer des projets futurs (rachat de parts, acquisition, retraite),
- De mieux piloter l’année fiscale (rémunération minimale/déduction des frais, etc.).
L’équilibre entre salaire et dividendes : un grand classique
Beaucoup de dirigeants se posent la question : « Dois-je me payer en salaire ou en dividendes ? »
Le salaire :
✅ Avantages :
- Donne accès aux droits sociaux (pension, mutuelle, etc.),
- Déductible à 100% dans la société.
❌ Inconvénients :
- Fortement taxé (cotisations sociales + impôts),
- Impact significatif sur la trésorerie.
Le dividende :
✅ Avantages :
- Faible taxation (15 à 30% selon régime),
- Pas de cotisations sociales.
❌ Inconvénients :
- Ne génère aucun droit social,
- Ne peut être versé que si la société réalise un bénéfice distribuable.
Une rémunération optimale consiste souvent à combiner les deux, en jouant sur :
- Le seuil fiscal minimal pour certaines déductions,
- Le taux réduit d’impôt des PME (si conditions remplies),
- Les régimes favorables (dividendes VVPRbis, IP Box, etc.).
Et les autres leviers ?
Un administrateur avisé pensera aussi à :
- Se verser des avantages en nature intelligents (voiture hybride ou électrique, abonnement internet, etc.),
- Optimiser ses frais (frais de représentation, de déplacement, de télétravail),
- Utiliser un split société/personne physique si plusieurs structures juridiques existent,
- Mettre en place une stratégie pour sa couverture sociale (pension, revenu garanti, ….),
En résumé
La rémunération optimale ne se résume pas à payer moins d’impôts. Elle consiste à prendre des décisions stratégiques équilibrées, en fonction de :
- Vos besoins personnels (revenu net souhaité, protection sociale),
- La santé financière de votre société,
- Vos projets futurs (croissance, transmission, retraite).
Elle suppose de travailler main dans la main avec un expert-comptable, capable de construire une stratégie personnalisée et évolutive.
Besoin d’un diagnostic personnalisé ?
Chaque situation est unique. Si vous dirigez une société de conseil et que vous souhaitez optimiser votre rémunération sans mettre en danger ni votre société, ni votre avenir, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel spécialisé dans les structures de PME.